20ème
Cette année , le festival est reporté à l'automne
Mrs. G poster

" En attendant le festival et le magnifique documentaire de Dalit Kimor, Mrs G, plongeons dans l'univers glamour de Gottex,une ligne de maillots de bain qui ont fait rêvé plusieurs générations de femmes. "

Lady Di en maillot une pièce impression léopard, sur le pont d’un yacht. La reine Sofia d’Espagne, arborant un maillot de bain sobre et élégant dans sa maison de vacances de Palma de Majorque. Shirley MacLaine posant pour Vanity Fair. Naomi Campbell superbement féline dans son body rouge flamme à manches longues et ceinture de perles. Angelina Jolie, sculpturale dans un maillot blanc vintage, photographiée aux côtés de Brad Pitt. Sur la couverture de ces clichés publiés dans le monde entier, ces personnalités portent un maillot Gottex. Depuis longtemps la marque israélienne au célèbre monogramme s’est imposée comme le nec plus ultra en matière de maillots de bain. Audace et glamour sont les maîtres mots des créations Gottex, qui sont devenus des indispensables pour toutes les femmes exigeantes et raffinées. Paradoxalement, on réfléchirait presque à deux fois avant de se baigner en maillot Gottex : ils sont faits avant tout pour sedétendre au bord d’une piscine, bronzer sur le pont arrière d’un yacht ou siroter un cocktail au bar d’une plage tropézienne. Devançant les tendances la marque a été la première au monde à lancer, dès les années 1960, un art de vivre balnéaire en déclinant des accessoires et des coordonnés assortis à ses maillots de bain. S’inspirant de la flore et de la faune marine, Gottex a créé des collections parfaitement adaptées au bord de mer et aux lieux de villégiatures huppés : longues jupes brodées, pantalons flottants, petits bustiers sexy, tuniques et caftans faciles à enfiler après la baignade. Chaque ligne est pensée et travaillé comme une création unique à la fois sur le plan du style et sur celui de la fabrication qu’il s’agisse d’imprimés, de juxtapositions de couleur, de plissés, de finitions ou d’autres détails : rien n’est laissé au hasard. Dans sa quête constante de perfection esthétique, Gottex a toujours accordé la priorité aux formes inventives et à un concept novateur, celui du « confort sensuel ». Des détails très personnels font de chaque modèle un article luxueux et raffiné et donnent à Gottex une image Haute Couture.

Cette fulgurante réussite est due en premier lieu à l’audace d’une femme visionnaire : Léa Gottlieb. Née en Hongrie en 1918, elle se tourne d’abord vers la biochimie.

A l’époque, Budapest est une province de Vienne qui est alors le centre culturel de l’Europe. On se rend là-bas pour assister à un concert ou voir une exposition de peinture. Kokoshka, Klimt et Schiele donnent le ton et imposent leurs couleurs avec un graphisme avant-garde. Jeune étudiante, Léa s’imprègne de ces mouvements artistiques et va s’en inspirer plus tard quand elle va dessiner ses maillots de bains. La jeune Léa Roth va épouser Armin Gottlieb, qui possède une fabrique d’imperméables.

Pendant la seconde guerre mondiale ils s’enfuient et quittent la Hongrie laissant tout derrière eux ainsi que toute la famille qui va périr. En 1949, ils s’établissent en Israël avant de passer par un camp de transit, comme d’autres survivants de la shoah. Une fois installés, les Gottlieb se sentent dans un premier temps désorientés. Comment adapter leurs compétences à leur pays d’accueil. Léa doit renoncer aux imperméables et décide de créer un concept adapté à ce soleil omniprésent qui l’enchante tant. Elle vend son alliance et avec l’argent obtenu, s’achète une machine à coudre et du tissu. Enthousiasmé par le rythme de Tel-Aviv, ville jeune et dynamique dont l’architecture est issue du mouvement allemand du Bahaus, Léa a alors l’idée incroyable de créer une marque de maillots de bain pour les femmes de sa nouvelle patrie. Ses collections s’inspirent de la lumière et des couleurs contrastées d’Israël : Turquoise de la Méditerranée, jaune doré du désert, bleu du lac de Tibériade, rose de la pierre de Jérusalem et verts subtils de la Galilée.

Léa réalise ce que personne n’avait imaginé dans ce pays aride, peuplé de pionniers qui défrichent les terres, en introduisant le glamour avec une marque de maillots de bain et de vêtements pour la plage.

Dès 1956, la griffe est lancée; l’engouement est immédiat, Gottex apporte aux femmes d’Israël et d’ailleurs ce dont elles ont le plus besoin en ces temps d’après -guerre : un nouveau look, avec des lignes de maillots à la fois inventives, sophistiquées et contemporaines, qui mettent le corps en valeur. Avec Gottex, le maillot de bain devient un vêtement à part entière, et génère dans son sillage une série d’accessoires et de coordonnés. Quelques années plus tard, Léa Gotlieb confiera à un magazine de mode : «  j’ai voulu créer tout un univers centré sur le maillot de bain ».

Aucune marque ne l’avait fait auparavant et c’est aussi cela qui fait l’originalité de Gottex. Une femme peut porter nos collections dans tous les endroits liés aux vacances.Les modèles de Gottex font la part belle aux caftans, tuniques et pantalons permettant de se constituer une garde-robe estivale complète. Couleurs et dessins sont si époustouflants qu’ils font penser à des tableaux vivants. Dès 1977 et avant tout le monde, Gottex introduit le style ethnique parvenant à retranscrire l’esprit des plus beaux-arts visuels africains et asiatiques.

Cette recherche de la couleur et ce besoin constant de nouvelles stimulations artistiques incitent également Gottex à créer des collections inspirées par les plus grands peintres ou sculpteurs. Des thèmes empruntés à des chefs d’œuvre de Gauguin, Miró, Degas, Chagall qui sont la source de collections exemplaires.Puis en 1978 ce sera le paréo coordonné avec sa ligne Hibiscus qui obtient un succès international immédiat. Toutefois c’est avec son « Seven Suit » créé en 1984 que la marque fait la couverture de tous les magazines de mode. Un maillot de bain devenu le best-seller de Gottex et son signe de reconnaissance. Sans bretelle souvent copié mais jamais égalé, il met les épaules en valeur et souligne parfaitement les courbes féminines. Et puis vint les catalogues de luxe dès 1974.Hautement appréciés des professionnels de l’industrie des images, ceux-ci sont parfois même assortis de gravures à la feuille d’or et se retrouvent dans les bibliothèques sophistiquées des collectionneurs d’ouvrages de qualité. Lorsque l’on feuillette un catalogue Gottex, on est toujours frappé d’y reconnaître des jeunes filles devenues aujourd’hui des tops model. Et qui n’étaient qu’à leur début.

Car Gottex a toujours vu juste pour les choix de ses mannequins, qu’il s’agisse de CindyCrawford, Laetitia Casta, Claudia Schiffer ou Naomi Campbell, Tami Ben Ami, la muse de Léa Gottlieb et mannequin vedette de la Maison à l’âge de 18 ans, est aussi devenue un top model très prisé et l’ambassadrice de Gottex dans le monde.

En 1996, c’est la consécration suprême, Gottex organise un défilé privé à Londres pour Lady DI. L’élégante princesse tombe amoureuse des superbes créations au point de commander plusieurs modèles de styles différents, à réaliser selon ses mesures.

Le 18 octobre 1996, elle envoie une lettre manuscrite à Léa Gottlieb : « Très chère Mme G., j’ai eu beaucoup de plaisir à vous rencontrer ici à Londres, et je tiens à vous remercier du fond du cœur pour votre gentillesse et votre générosité. » Le mot est simplement signé « Diana ». Il ne s’agit nullement du seul témoignage d’affection reçu par la marque : celle-ci conserve en effet dans ses archives de nombreux autres messages enthousiastes et chaleureux de célébrités telle que Elisabeth Taylor ou Nancy Kissinger pour ne citer que ces noms.

En 2004, Gottex réalise une coupe de génie en présentant à New York lors de la fashion Week un modèle sensationnel une pièce fabriqué avec des pierres précieuses et estimés à trente millions de dollars. C’est actuellement le maillot de bain le plus cher au monde. L’événement filmé est même retransmis en direct à Times square sur des écrans géants.Malgré la disparition de Léa Gottlieb, Gottex continue de magnifier le corps et le style des femmes qui privilégient  le confort,  et le glamour pour leurs rendez-vous annuels avec le soleil.

Hélène Schoumann, Présidente du Festival du Cinéma Israélien de Paris

Photographs source : The Miriam Gottlieb Ruzow collection, in Memory of Lea Gottlieb and courtesy of the Design Museum Holon.

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La Bande annonce du documentaire Mrs G

Entrevue de Dalit Kimor, réalisatrice du documentaire Mrs G